Agir pour la planète
L'agriculture productiviste s'appuie sur l'usage important d'intrants, (engrais chimiques, pesticides, insecticides, régulateurs de croissance) et cherche essentiellement à maximiser la production.. Mais à quels risques ?
Pollutions
Agriculture intensive - Engrais chimiques
Les premières communautés humaines se sont toujours constituées, depuis la nuit des temps, autour des terres fertiles et de l'agriculture. Aujourd’hui, rien n’a changé …
Le développement économique passe bien par l’industrialisation mais, dans beaucoup d’économies, l’industrialisation passe aussi par le développement du secteur agricole. C’est assurément le cas pour les pays en développement, l’agriculture est la principale source d’emploi.
Dans les pays industrialisés, la rationalisation et la performance pour augmenter le rendement des sols ont entraînées de profondes modifications et de graves dérives, voire de terribles conséquences et paradoxes : l'agriculture productiviste repose en effet sur l'usage optimum d'engrais chimiques, de traitements herbicides, de fongicides, d'insecticides, de régulateurs de croissance, de pesticides...
Après avoir atteint 120 000 t (!) puis 100 000 t, la France consomme en 2007, environ 78 300 tonnes de produits phytosanitaires, ce qui la place au 3ème rang des utilisateurs mondiaux.
Près de 500 matières actives entrent dans la composition de 3000 produits commerciaux homologués (115 pour les 500 produits jardiniers !).
L'agriculture intensive, première cause de déclin de la biodiversité, fait appel aux moyens fournis par la technique moderne :
- le machinisme agricole
- la sélection génétique
- l'irrigation et le drainage des sols
- les cultures sous serres et hors-sol …
… toutes ces pratiques sont souvent destructrices et dangereuses pour l’environnement.
La plupart des pathologies modernes - allergies, maladies de peau, cancers - sont dus à l'exposition prolongée aux produits chimiques, et l’on sait que ces problèmes vont considérablement augmenter avec la démographie galopante, l'exode vers les bidonvilles et le vieillissement des populations.
L'utilisation excessive de produits chimiques pour l'agriculture est venue s’ajouter à la liste en envahissant tous les écosystèmes :
- dans les aliments
- dans les rivières
- dans les eaux souterraines
- dans l'air,
- dans les sols,
- dans la biomasse vivante et morte,
- dans le sang et le lait maternel.
… les pesticides ont largement ‘’colonisés’’ tous les milieux et tous les maillons biologiques !
Ce sont les espèces au sommet de la chaîne alimentaire et les aliments que nous consommons, qui témoignent le mieux de ces graves pollutions, mais pas seulement. Pour exemple on a constaté que les ours polaires avaient stocké, eux aussi, des traces de pesticides agricoles !! Dans la même lignée, nombre de colonies d'abeilles ont été décimées par ces produits, tout comme l'accroissement de la sensibilité des larves des massifs coralliens désormais soumis, eux aussi, aux dérégulations causées par les fongicides et les pesticides...
On note aussi des incidences très sous-estimées sur les populations d'oiseaux, d'insectes qui sont des maillons de la chaîne du vivant.
Les crises successives de la baisse des prix agricoles, les surproductions, les crises sanitaires, les disparités entre régions européennes et mondiales, la diminution continue du nombre de paysans, (30% en Europe en 50 ans, 300 millions en Chine pour 2020) discrédite sérieusement la course aux rendements.
Les doutes sur les OGM, l'appropriation des graines et semences par des entreprises commerciales multinationales, les monocultures alternatives telles que les bio carburants qui posent parfois plus de problèmes qu'elles n'en résolvent, … toutes ces orientations accumulées causeront sur le 21ème siècle des tensions par l'appauvrissement des variétés, l'épuisement des ressources, la mobilisation de nouvelles terres exigeantes en eau et chimie d'appoint.
Les problèmes liés aux changements climatiques diviseront par 2 les rendements et les performances. Les surfaces exploitables n'augmenteront plus, sinon au détriment des zones forestières. Les érosions climatiques ou l'épuisement des sols, la raréfaction de l'eau, limiteront drastiquement les réponses possibles aux pénuries.
Toutefois le raisonnement écologique progressera, augmentant le nombre d'exploitations biologiques de 10% par an. Des exploitations de taille moyenne, qui seules garantissent des produits variés et de qualité.
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